basket. Pro A. A la rencontre de John Douaglin (JDA Dijon)
Un personnage multiple
« Je suis venu à Dijon par amitié pour Randoald Dessarzin, car je ne cherchais pas un rôle d'assistant ».
Depuis longtemps bercé par le basket, John Douaglin s'est nourri depuis dix ans d'expériences très variées pour se contruire. Un kaléidoscope d'émotions qui en fait aujourd'hui un technicien qui vit chaque moment avec intensité.
En commun. John Douaglin a été l'assistant de Randoald Dessarzin à Boncourt et cet été avec la Côte-d'Ivoire.
Durée. Il devrait rester trois mois à Dijon, avant de se tourner vers d'autres défis.
Du Canada où il est né, John Douaglin n'a finalement gardé qu'une ligne sur sa carte d'identité. Adopté par une famille rennaise, il est arrivé en France à un an, et a vécu toute sa scolarité en Bretagne. S'il tâte un peu du judo et de l'athlé dans ses jeunes années, mais pratique surtout le football, il se tourne finalement vers le basket. « Mes copains à l'époque y jouaient et ils m'ont convaincu que mes qualités physiques seraient mieux utilisées dans ce sport. »
Après une première licence à Betton, il joue quelques années au Rennes PA (premier niveau régional). En parallèle, il étudie à l'IFEPSA d'Angers où il décroche son brevet d'Etat. Du terrain, il passe au banc vers 27 ans, avec une première expérience à Etrichet, près d'Angers, dont il reparle avec émotion. « J'entraînais des petits (mini-poussins et poussins) sur un terrain en extérieur. Même l'hiver, ils étaient tous là, qu'il pleuve ou qu'il fasse froid et ils ne se plaignaient jamais...»
John Douaglin passe ensuite trois années à Château-Giron où il a en charge l'ensemble du club. « C'était un moment magique car j'encadrais les quelque 250 joueurs et joueuses de tous les âges.»
Le grand voyage vient à peine de commencer pour le technicien. En passant son brevet d'Etat deuxième degré, il intègre le pôle espoirs de Bourges et côtoie la grande équipe féminine de Cathy Melain.
De Bourges à Boulazac
Les opportunités le font ensuite voyager à l'est, à Mulhouse d'abord, où en tant que responsable du centre de formation, il est champion de France espoirs Pro B, avec une victoire de prestige contre Cholet lors du Trophée du Futur. Puis c'est Boncourt, comme assistant de Randoald Dessarzin. « Une superbe année, puisqu'on gagne quart, demi et finale du championnat suisse, 3-0 à chaque fois.»
De cette année, John Douaglin garde une complicité sincère avec le technicien suisse, mais il aspire à un rôle d'entraîneur en chef qu'il va trouver à Boulazac. « Je suis arrivé dans un club familial, mais qui a dû ensuite faire sa révolution pour s'adapter au haut niveau.»
Lors de sa première saison, le club du Périgord remporte la N1 devant Levallois et Limoges. «Forcément un grand plaisir », se souvient-il.
La suite ce sont trois saisons de Pro B, avec des hauts et des bas. « Rester quatre ans dans le même club, c'est finalement assez rare dans le basket à ce niveau, et le club avait peut-être besoin de sang neuf, d'un nouveau discours. »
Le technicien n'oublie pas les magnifiques paysages de Dordogne « même si la gestion d'une équipe n'offre pas trop de temps libre. »
Ses contacts durant l'été 2008 n'ayant pas abouti, il va jouer quelque temps les globe-trotters, mais toujours avec une vision basket. « ça m'a permis de me ressourcer, mais aussi de voir travailler Ettore Messina au CSKA Moscou, les filles d'Ekaterinbourg, et des clubs NBA comme Houston ou San Antonio.» Venu s'occuper de la défense dijonnaise «pour donner un coup de main » à Randoald Dessarzin, il s'attaque avec gourmandise à sa mission, et tente de transmettre son intensité lors des entraînements. « La défense dans le basket, c'est comme une main. Si on vous enlève l'usage d'un doigt, c'est toute la main qui ne fonctionne plus. Il faut que chaque joueur puisse compter sur l'autre pour que tout marche parfaitement...»
ANTHONY PROST
Publié le 05/01/2010 source : LE BIEN PUBLIC