Paccelis Morlende a retrouvé le plaisir
Paccelis Morlende s’éclate enfin après de nombreuses galères physiques.
Promis au plus bel avenir en NBA au début des années 2000 mais resté à quai en raison d’une blessure, le meneur Paccelis Morlende goûte de nouveau au plaisir simple du basket à Hyères-Toulon, qu’il conduit tout droit vers les play-offs.
Jusqu’à l’été dernier, Morlende, 30 ans, avait quelque peu disparu des écrans radar du basket. Dernières traces d’un contrat: dans l’Oural, à Perm, où il signa en 2008.
Mais il ne fit que la pré-saison en Russie, malgré de belles conditions financières. Pour des soucis de blessures, déjà: «les dirigeants avaient vraiment insisté pour me recruter. Je m’étais laissé convaincre. Mais physiquement, j’ai vu que je ne pouvais pas assurer. J’ai été honnête.»
Des problèmes récurrents de cartilage au genou ont clos le dossier russe. Le diabète de son fils Ilian, 3 ans, a aussi «changé les priorités».
Celui qui fut, devant Tony Parker, le meneur numéro un en équipe de France espoirs, passe alors deux ans à s’interroger sur la suite de sa carrière et consulte les médecins. «Aucun ne m’a dit que je ne pourrais pas rejouer. Tous m’ont expliqué qu’il fallait faire attention», raconte-t-il aujourd’hui.
«Dix ans en NBA»
Et comme «au fond» de lui, il n’avait pas envie de lâcher, il s’est remis à s’entraîner en N2, à Rueil, ou en prénationale à Montpellier. Et participe en 2009 à un camp d’été organisé par Alain Weisz, coach de Hyères-Toulon. Le contact est alors renoué avec celui qui lui offrit sa première sélection en équipe de France. Il ne s’évaporera pas.
«“Pacc” est un joueur magnifique, il était parti pour une carrière fabuleuse. C’est un talent pur. Sauf qu’avec nos moyens, nous ne pouvons les engager que lorsqu’ils sont un peu âgés ou lorsqu’ils relèvent de blessures...», explique Weisz, dont l’équipe fait des miracles au vu de son budget(2,5 M €). «Sans blessure, il aurait passé dix ans en NBA», rappelle Weisz.
En 2003, Morlende est en effet drafté par Philadelphie, alors qu’il casse la baraque avec Dijon, son club formateur[u], après un détour d’un an à Bologne. Un problème aux ischio-jambiers referme la porte américaine. Il retournera en Italie (Trévise), en Espagne, à Gravelines...
«La NBA est un rêve inachevé, mais j’en ai fait mon deuil», dit-il calmement. Aujourd’hui, il préfère d’ailleurs regarder à la télé les matches d’Euroligue, pour «l’intelligence du jeu».
Après des retrouvailles délicates physiquement - «je m’y étais préparé» - il est devenu depuis trois mois meneur n°1 devant l’Américain Kevin Houston.
Statistiques solides à la clé, et la sensation «de pur bonheur d’être sur un terrain», dans un groupe où il couve le jeune et prometteur Nobel Bongou Colo, d’origine congolaise comme lui. Et dont il a découvert que le père est le meilleur ami de... son grand frère, qui fut pasteur au Congo.
Le basket est un petit monde et Morlende l’a redécouvert.
Publié le 09/04/2011
source : LE BIEN PUBLIC