Basket-ball / Coupe de France (32e de finale) : BCS - Dijon, ce soir (20h)
L'immense défi
Le charme de la Coupe de France va à nouveau agir. Ce soir, Souffelweyersheim, pensionnaire de Nationale 2, défie Dijon, sociétaire de l'élite. Libérés de toute pression, les amateurs alsaciens ne peuvent que s'offrir une belle tranche de bonheur.
Ses yeux pétillent encore plus qu'à l'ordinaire. Et un immense bonheur, teinté de fierté, se lit sur ce visage bonhomme. « C'est un événement hors du commun, un moment qui fera date », s'exclame Gilbert Mittelhaeuser, le président de Souffelweyersheim.
Le club évoluait en Excellence régionale lorsqu'il en a pris les rênes, il y a dix-huit ans. Le BCS, son BCS, vise désormais la montée en Nationale 1 et s'apprête, dans l'immédiat, à vivre les plus belles heures de son histoire.
« C'est comme si tu te
retrouvais au départ
du 1500 mètres avec Baala »
Ce soir, Souffel accueille Dijon, sociétaire de Pro A, en 32e de finale de la Coupe de France. Le petit contre le gros, les amateurs contre les pros : la magie opère à nouveau. « Ce doit être une fête, la récompense du travail de tout un groupe », lâche Éric Mittelhaeuser, manager général aux anges. Victorieux de Denain (71-63) en finale du Trophée Coupe de France en mai à Bercy, Romain Appel et ses potes ont gagné le droit de faire - au moins - un tour dans la cour des grands et de se mesurer à un cador.
Gries-Oberhoffen a vécu pareille émotion l'an dernier, contre Saint-Étienne, puis Cholet. C'est au tour du voisin bas-rhinois de croquer dans ce fruit tellement appétissant. « C'est un truc énorme ! », lâche Stéphane Éberlin. Le coach n'a qu'un regret à formuler : « C'est dommage que le match soit coincé entre deux journées de championnat. Les joueurs n'auront pas eu le temps de savourer longuement les moments qui le précèdent ».
Cette petite contrariété mise à part, Tony Traineau et sa bande peuvent se pourlécher les babines. Avec la JDA, ils ont hérité d'une des formations de l'élite les plus séduisantes à l'heure actuelle. Si la troupe de Randoald Dessarzin, durement éprouvée par le décès accidentel de Jonathan Bourhis, est quelque peu rentrée dans le rang en championnat en concédant deux revers d'affilée, elle disputait, il y a dix jours à peine, le fauteuil de leader à Cholet.
Dijon, c'est un carré d'as américain de premier ordre : le virtuose Ramel Bradley, le géant Nick Fazekas, l'hyperactif Steffon Bradford et le sniper Sean Marshall. Dijon, c'est aussi Abdou Mbaye, top scoreur français de la Ligue en 2008/09, Damir Krupalija, le guerrier et l'âme de cette équipe, ou encore Errick Craven, le MVP de Pro B l'an dernier avec Clermont. Rien que du beau monde donc.
Aussi physique et athlétique soit-elle, la formation alsacienne s'attaque là à un sommet quasi inaccessible. « Ça va aller plus vite, plus haut, ce sera plus fort, plus rude dans les contacts, pressent Stéphane Éberlin. Je suis prêt à parier qu'au bout de cinq minutes, les cinq joueurs qui débuteront seront dans le rouge. C'est un peu comme si tu faisais un footing et que tu te retrouvais soudain au départ d'une finale du 1500 mètres avec Baala ».
« Pas de complexe à nourrir,
pas de pression à avoir »
Entre les deux adversaires, il y a évidemment un monde, un fossé probablement insurmontable. Mais le cendrillon alsacien, en tête de sa poule de Nationale 2, entend jouer crânement sa chance. Il n'a absolument rien à perdre. « Il n'y a rien de pire que d'être dans ses petits souliers. On n'a pas de complexe à nourrir, pas de pression à avoir. Il faut rentrer dans ce match comme des morts de faim et prendre un maximum de plaisir », ajoute le coach, qui verrait d'un bon oeil son vis-à-vis « être obligé de faire des choix tactiques. Ça signifierait qu'on leur pose quelques petits problèmes ».
Au vu des forces en présence, ce scénario aurait déjà des allures de petite victoire.
source : Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 17/11/2009