Coupe de France (32e de finale) : après l'exploit du BCS face à Dijon (88-78)
Tony, chef de bande
Victime d'une entorse trois jours plus tôt à Salins, Tony Traineau a fait mieux que tenir sa place contre Dijon. Douze rebonds - le meilleur total de la rencontre -, quatre contres venus d'ailleurs : l'intérieur souffelois a été stratosphérique et montré la voie à suivre. Retour, teinté d'humour, sur cette inoubliable soirée.
Il fait rimer adrénaline avec humeur badine. La fièvre de ce mardi soir n'est pas encore retombée que Tony Traineau vanne à tour de bras. Le voilà qui interpelle Stéphane Éberlin. « Il y a le CSKA (Moscou) qui vient de m'appeler pour organiser un match amical... », plaisante le longiligne intérieur de Souffel, l'un des héros du match face à Dijon. « L'Euroligue, ce sera pour samedi, à Kaysersberg », lui répond, sourire en coin, son entraîneur.
L'attachant n°12 serre
entre les doigts cette
feuille de match « collector »
Si le BCS a signé un exploit sans précédent avant-hier, devenant le premier club de Nationale 2 à éliminer une formation de Pro A dans l'histoire de la Coupe de France, il le doit, entre autres, à la performance d'un Tony Traineau tout bonnement irrésistible. Meilleure évaluation de son équipe (19), l'attachant n°12 serre entre les doigts cette feuille de match « collector ». « Je vais l'envoyer à ma mère, même si elle ne comprend rien au basket. »
La veille, pourtant, Tony Traineau était encore sur une jambe. Retombé sur le pied d'un adversaire à Salins, le gaillard s'était donné une entorse de la cheville gauche. Et c'est en survêtement qu'il avait suivi, depuis le bord du terrain, la mise en place tactique préalable à la réception de la JDA. Vingt-quatre heures plus tard, le tentaculaire ailier-fort bas-rhinois a donné la leçon et le tournis à ses vis-à-vis bourguignons. « On n'avait pas envie de passer pour le petit de service, confie-t-il. On avait à coeur de montrer qu'on n'est pas des peintres, qu'on sait aussi jouer au basket ».
Alors, il a joué et excellé dans ce qu'il sait le mieux faire. Huit rebonds en neuf minutes en première période, au nez et à la barbe des géants d'en face, douze sur la ligne d'arrivée, la sentinelle souffeloise s'est élevée plus haut que tout le monde. « On a joué avec zéro pression, explique l'intéressé, un... demi à la main. C'était le mot d'ordre et ça aide énormément. Même quand on était mené, on parvenait encore à déconner sur le banc ! ».
Porté par un public chaud comme la braise - « L'ambiance était exceptionnelle et tu te sens pousser des ailes quand ça crie et que ça encourage comme ça » -, Tony Traineau a encore endossé la panoplie de l'intimidateur de service, se payant le luxe de contrer, tour à tour, Nick Fazekas, Abdou M'Baye - à deux reprises - et Steffon Bradford. Cette dernière bâche a provoqué un rugissement de plaisir dans les travées, l'intérieur de la JDA ayant eu la très mauvaise idée de chambrer les spectateurs en début de rencontre...
« Le 17 novembre sera
un jour férié en Alsace »
Stéphane Éberlin ne tarit pas d'éloges sur la prestation du plus Alsacien des Angevins, au club depuis cinq ans. « Il a fait un match énorme. On a vu le Tony qu'on aime, actif, très actif, qui fait preuve d'enthousiasme, de volonté et même d'agressivité en attaque. Il était un peu en dedans depuis le début de la saison. J'espère que cette rencontre sera un déclic pour lui. »
Grand artisan de ce succès appelé à entrer dans les annales, Tony Traineau était de nouveau à pied d'oeuvre, hier matin, au Gymnase des Sept-Arpents. Avec Seb Kancel, il a encadré l'entraînement des... babies du club. « Le 17 novembre sera désormais un jour férié en Alsace », avait décrété le boute-en-train la veille avant de disparaître dans la nuit. Tony Traineau n'est jamais avare d'un bon mot.
source : DNA 19/11/2009 Régis Schneider
