Basket. Pro A. Randoald Dessarzin revient sur son départ de la JDA Dijon
« Un très gros regret »
Randoald Dessarzin va désormais se tourner vers d'autres horizons. Photo Philippe Maupetit
Démis de ses fonctions après la défaite à Chalon, Randoald Dessarzin s'explique sur les difficultés rencontrées et revient sur ses années dijonnaises.
Durée. Arrivé en juin 2007, Randoald Dessarzin aura dirigé la JDA Dijon lors de 74 matches de Pro A.
Remplaçant. C'est le Finlandais Henrik Dettmann qui entraînera la JDA à partir de la semaine prochaine.
V ous attendiez-vous à cette décision de la part des dirigeants ?
« Non, je ne m'y attendais pas dans la mesure où j'avais été confirmé jusqu'à la fin de la saison la veille du match à Poitiers. Suite à la défaite à Chalon, nous nous sommes réunis pour évoquer la situation sportive, et puis j'ai vite compris que cela me concernait directement. J'ai évoqué ce qui, à mes yeux, pouvait être une solution mais visiblement, nous n'étions pas d'accord. C'est un choix et je le respecte. »
Y avait-il une rupture entre votre discours et certains joueurs ?
« Avec certains, oui. La vraie cassure, je l'ai sentie quand nous étions dans l'adversité et qu'il n'y avait pas de réaction. Cela se traduisait davantage dans des attitudes que verbalement. Notamment après certains entretiens individuels qui n'ont été suivis d'aucune conséquence sur le terrain. »
« Une forme de gâchis »
Au vu du bon début de saison, peut-on parler de « gâchis » ?
« Il faut relativiser notre départ en fanfare. On a battu une ASVEL qui avait tout à perdre puis on a gagné des matches sans dominer nos adversaires. Après, si on joue Cholet dans un autre contexte et qu'on gagne, il est évident que la dynamique aurait été tout autre. Mais c'est vrai qu'il y a une forme de gâchis, car on doit enrayer cette mauvaise série. »
Comment expliquez-vous cette série de défaites ?
« Si l'ensemble des joueurs et le staff avaient tous tiré dans le même sens, on n'aurait pas pu perdre dix matches de suite. Il y a un moment où l'envie, le côté revanchard doivent prendre le dessus. Il y a eu une forme de déresponsabilisation. Pierre Desproges disait : " L'avantage de travailler en équipe, c'est qu'on peut mettre la faute sur autrui. " On était un peu dans cette situation. »
Avez-vous été déçu par certains joueurs ?
« Oui, j'ai été déçu du comportement de certains. C'est la première fois que j'ai des joueurs majeurs qui ne trouvent plus les ressources pour réagir. Quand on est un vrai compétiteur, si on ne joue pas pour son coach, on joue au moins pour soi, pour le public, les partenaires… »
N'y a-t-il pas eu des erreurs dans le recrutement ?
« Concernant Errick Craven, il a souhaité partir et j'ai assumé cette erreur de casting parce qu'il ne s'est pas adapté comme je l'imaginais sur les postes 1 et 2. Par ailleurs, je me suis assez vite rendu compte qu'il y avait un manque au niveau de la rotation de Sean Marshall. Or un joueur doit être en concurrence et a besoin d'avoir quelqu'un en face de lui à l'entraînement. C'est en sens que nous avons pris Nebojsa Bogavac. »
Est-ce un gros regret de quitter la JDA de cette manière ?
« Oui, c'est un très gros regret. Mais je ne garde que les bons souvenirs. Ce n'est pas un secret que l'aspect humain compte énormément pour moi. Et je n'oublierai pas toutes les personnes avec lesquelles j'ai de très bons souvenirs. Le staff médical, le préparateur physique… C'était formidable de travailler au quotidien avec ces gens-là. De même, travailler avec des joueurs comme Laurent Sciarra, Maleye N'Doye ou Damir Krupalija, ce n'est que du bonheur. Je n'oublierai pas les gens qui m'ont soutenu, même quand je n'ai pas été bon. »
Vous n'avez jamais eu de saison facile à Dijon. Comment avez-vous vécu ces différents épisodes ?
« La première saison, quelle aventure ! On a vraiment galéré, avec la blessure de Laurent Sciarra, des choix qui n'étaient pas les bons (Lee Benson, Jason Rowe…). Après, le groupe s'est amoindri mais s'est amélioré qualitativement avec des garçons comme Souleymane Diabaté ou Abdoulaye M'Baye qui sont montés dans le bon wagon. Et sur la deuxième partie de saison, on a vécu quelque chose de formidable. On remonte la pente, on travaille très dur et on s'en sort grâce à cette volonté. »
« Ça m'a permis de grandir »
Et la saison dernière ?
« C'était sans doute l'équipe la moins talentueuse sur les trois, mais on est allé chercher des ressources quand il le fallait. Après on ne peut pas demander à Eric Chatfield d'avoir le leadership de Laurent Sciarra, mais il nous a quand même sauvés quelques matches. Cette saison-là, on avait très mal négocié le retour de Noël et ça, je l'assume totalement. »
Vos deux saisons et demie à la JDA resteront-elles malgré tout une bonne expérience ?
« Oui, bien sûr. Toute expérience est bonne à prendre. Et puis maintenant, il y a des erreurs que je ne commettrai plus. Ça m'a permis de grandir. »
Comment envisagez-vous l'avenir ?
« Je vais prendre un peu de recul dans un premier temps, m'occuper de ma famille. Et puis nous avons le Mondial à préparer avec la Côte d'Ivoire, ce qui sera un très beau challenge. Après, je serai attentif à tout ce qui pourra se présenter. Dans l'idéal, j'aurai envie d'un vrai projet, de construire quelque chose. Donc j'espère qu'une opportunité se présentera, sinon il faudra penser à faire autre chose, ou ailleurs… »