Basket. Pro A (15 e journée). Strasbourg sera l’adversaire de la JDA, demain au palais des Sports (20h).
Le retour du fils prodige
Un an et demi après l’avoir quitté, Abdoulaye M’Baye va affronter un club dans lequel il a joué durant quatre saisons. Et où il a éclos.
Le jeune homme l’avoue dans un éclat de rire, il ne sait pas quel accueil lui réservera le public du palais des Sports. Nous non plus. Mais sans risque, on peut considérer qu’il sera chaleureux. Très chaleureux.
Car en quatre ans, M’Baye a rempli, à Dijon, un album d’excellents souvenirs qu’il partage volontiers. « Au niveau des supporters, du staff, des dirigeants et même des joueurs, je garde de très bons souvenirs », assure celui qui est toujours en contact avec Lens Aboudou et Sean Marshall.
Deux joueurs qui ont aussi été des compagnons de galère, lors de sa dernière saison à Dijon, un cauchemar marqué notamment par une série de quinze défaites consécutives, une relégation et surtout le décès accidentel de Jonathan Bourhis. « On n’avait l’impression que tout ça n’était pas réel », analyse Abdou M’Baye. « C’était une période très difficile. Il fallait vraiment être à l’intérieur pour le réaliser car son impact n’est pas descriptible. »
La descente en Pro B a donc précipité le départ de celui qui, à 20 ans, fut all-star et meilleur marqueur français de Pro A (14,9 pts en 2008-2009). En Alsace, M’Baye a reproduit les schémas tracés lors de ses premiers pas dans l’élite (10,8 pts à 52 % en 22 minutes) passant même à deux dribbles d’un Euro qu’il a déjà remporté en cadets (2004) et en juniors (2006). En Alsace, depuis cet été, il évolue aussi quotidiennement sous les coups de sifflet de Vincent Collet… le sélectionneur de l’équipe de France. « Mais on n’en parle pas », coupe-t-il. « Ce n’est pas le moment. »
Shooteur cherche adresse
En effet, l’actualité de M’Baye et de la SIG, c’est la Semaine des As, à court terme, et les play-offs en fin de saison. « On a toujours l’espoir de se qualifier pour les As mais ce qu’on veut vraiment, c’est être dans le top 8 en fin de saison », résume l’arrière international, auteur d’une saison en dents de scie (9,1 pts à 38,1 % pour 5,8 d’évaluation), la plus mauvaise sur un plan statistique depuis ses débuts dans l’élite.
« Il existe des périodes où l’on est moins en réussite et il faut faire avec », conçoit Abdou l’ancien Dijonnais. « J’essaie de ne pas me focaliser dessus pour retrouver de la régularité et de la confiance », conclut celui qui pronostique logiquement une victoire de Strasbourg, demain soir. « Mais ça sera serré », nuance-t-il. Pas certain que les supporters dijonnais apprécient…
"le bien public"