Elan Béarnais : Laurent Vila s'en va
L'Élan et l'entraîneur « se sont séparés d'un commun accord » pour « raisons personnelles ». Cette décision a été officialisée hier. Paco Laulhé prend les rênes de l'équipe pro.
L'Élan n'en est pas à un rebond près. Mais le dernier en date est sans doute le plus inattendu d'une saison déjà particulièrement mouvementée. Hier, le club a officialisé le départ de Laurent Vila qui dirigeait l'équipe professionnelle depuis l'éviction de Didier Dobbels, le 14 novembre dernier. Dans les faits, le technicien a tout simplement démissionné. Un raccourci qui ne convient pas au directeur exécutif de l'Élan Béarnais, Didier Gadou : « Non, ce n'est pas ça. C'est une séparation d'un commun accord. » Soit.
Pourquoi ? Hier, le principal intéressé gardait le silence. Cette question n'a donc pas de réponse officielle : « Seul Laurent connaît ses motivations propres », élude Didier Gadou, avant d'ajouter : « Il nous a fait part de raisons personnelles et c'est pour ça qu'il souhaitait mettre un terme à notre collaboration. » En filigrane, il apparaît que Laurent Vila dressait un constat d'échec, depuis quelques semaines, face à un groupe qui n'assurait pas forcément les fondamentaux requis pour son projet de jeu. Comprenez, l'investissement. Ce qui ne constituerait pas, cependant, l'élément déclencheur.
Ce nouveau rebondissement, Didier Gadou assure ne pas l'avoir vu venir : « C'est une surprise, maintenant, on a beaucoup d'estime pour lui, il faut respecter ce choix. » Quand Laurent Vila a-t-il pris cette décision ? Le directeur exécutif entretient le flou et refuse de donner une réponse claire, mais c'est bien mardi qu'il a informé ses dirigeants de son intention. Le coach était aux côtés de ses joueurs, de jeudi à dimanche dernier, pour un stage sur la Côte basque. « Ça s'est très bien passé, assure Didier Gadou. Il était important d'échanger, et de vivre les choses ensemble. » Et le responsable d'ajouter : « Connaissant Laurent, c'est le genre de décision qui est réfléchie. » Reste qu'elle intervient à quatre jours de la reprise du championnat et non au début de la trêve...
« Un vrai Orthézien »
Didier Gadou refuse de s'attarder sur ces considérations pour se projeter sur la suite de la saison : « Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on apprend ce genre de chose. Mais l'aventure continue, et celle qui arrive est difficile. » Pour guider l'Élan, qui fraye dans les bas fonds du classement en quête de maintien avant un déplacement compliqué à Nancy, c'est Paco Laulhé, adjoint de Laurent Vila ces derniers mois, mais aussi lors des quatre dernières saisons, qui est promu. Il devrait signer sous peu un contrat d'entraîneur principal, courant jusqu'à la fin de la saison. « Il a accepté cette proposition, éclaire Didier Gadou. Il était l'adjoint de Laurent : il reprend une équipe qu'il connaît parfaitement. Tout comme le club, puisqu'il est là depuis 14 ans. En plus, c'est un vrai Orthézien… C'est un sacré challenge. »
C'est un doux euphémisme. Face à Nancy, le champion de France en titre, c'est un troisième entraîneur que l'Élan étrennera sur son banc cette saison. Un appétit rare, et surtout une première dans l'histoire de l'institution béarnaise. Le tout dans un contexte sportif qui semble pour le moins instable. « Je ne suis pas d'accord : ce n'est pas une sanction d'un club vis-à-vis d'un entraîneur, mais la décision d'un homme », oppose Didier Gadou. Reste que le chantier est conséquent. Paco Laulhé devra construire sur la timide réaction qu'ont dégagée les Palois lors de leurs dernières sorties. « Depuis quinze jours, on travaille dur tous les jours, martèle Didier Gadou. On est ciblé sur la difficulté du parcours. » Charge au nouveau patron de l'Élan de faire regarder tous ses joueurs dans le même sens. Ce n'est pas forcément le plus simple…
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Avez vous été surpris par la décision de Laurent Vila ?
Oui, quand même. Je savais que nous étions dans une réflexion permanente, parce qu'on a ruminé de la mauvaise herbe. Mais pas à ce point.
Comment s'est passé votre premier contact avec le groupe en tant que coach ?
Je ne pense qu'il n'y a pas de surprise par rapport au personnage, puisque j'ai été adjoint durant les années Dobbels et les mois de Laurent Vila, tout pendant près de quatre ans et demi. Ce qui change, c'est que désormais je vais distribuer le temps de jeu. Mon bouton d'exigence va passer de un à cinq. Je serai à l'affût des tests et des garçons qui pensent plus à sauver leur saison à eux plutôt que le club. Tout va commencer à partir de la première minute du match de Nancy : c'est là que les mecs vont m'évaluer en tant que coach.
J'ai beaucoup d'énergie à donner. On va partir dans un recrutement des énergies positives, dans un cadre ludico-technique. Rire, ça fait travailler les abdos aussi. Bâtissons sur des choses simples. Je leur ai dit : pour tout ce qui est facile, c'est à dire courir, faire des écrans, je veux qu'ils soient au rendez-vous. Je ne mettrai aucune pression sur ce qui est plus compliqué : tirer, passer…
Pau est relégable, le chantier est grand. Comment l'abordez-vous ?
Je suis archi-lucide. Je connais le niveau et la valeur des équipes de Pro A. On n'est pas prêt pour jouer contre trois formations qui ont disputé la Semaine des As (Nancy, Orléans, Chalon lors des trois prochaines journées). Il faudra qu'on fasse preuve d'une grande révolte pour vérifier s'il y a, ou pas, un coup à jouer. On a glissé dans les starting-blocks, en sachant que tous les mecs ont pris un tour d'avance. On va vivre quelque chose de compliqué jusqu'au dernier jour. Le problème, c'est que le basket demande de l'enthousiasme, et pour l'instant l'aiguille est sur le zéro : ça ne peut pas durer.
Elan Béarnais · basket source : SUD OUEST Par denys kappès-grangé 23/02/2012