Tops et flop sportifs
19/05/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 203
Bilan. La saison 2009-2010 est terminée pour la quasi-totalité des clubs phares du département. Le foot, le hand féminin et masculin, et le hockey-sur-glace se maintiennent. Sauf la JDA, retombe dans la division inférieure. Retour sur une année de sport. Dossier de Jérémie Demay.
Demi-teinte
Perplexe. Les handballeuses du CDB n’ont pas fait une saison qui restera dans les annales. Sixième du championnat, le bilan est mi-figue, mi-raisin.
SEPT VICTOIRES, un match nul, et dix défaites, les filles du CDB ont fait une saison très irrégulière. Dès la première journée elles s’inclinent à Nîmes. De la cinquième à la huitième journée incluse, aucune victoire au compteur. Il leur faut attendre le dernier match avant la trêve pour qu’elles s’imposent d’un but face à Fleury (30-29). À mi-parcours, le CDB n’a que trois victoires pour cinq défaites et un match nul. On peut dire alors qu’elles sont comme un moteur diesel. Malheureusement, le retour au mois de janvier suit la même trajectoire. Elles commencent par deux défaites. Heureusement, les filles ne se laissent pas abattre puisqu’ensuite elles enchaînent deux victoires face à Mios (33-24), et à Angoulême (32-18). Le reste de la saison régulière marque un léger mieux dans leur comportement sur le parquet, puisque elles gagnent un match sur deux. Cependant, elles terminent le championnat sur une défaite à Fleury (36-28). Les filles se qualifient en play-offs. Elles ne gagnent qu’un seul match sur les quatre. Elles terminent le championnat en sixième position .
Le plaisir de jouer
Panache. Les handballeurs dijonnais goûtaient cette année pour la première fois à l’élite. Après des débuts chaotiques, le DBHB a démontré que son niveau est bien celui de la première division. Le secret du club : le plaisir de jouer.
DENIS LATHOUD, l’entraîneur dijonnais avait prévenu : Dijon peut jouer au plus haut niveau. Pari insensé pour certains, vague utopie pour les autres. Pourtant, depuis que le club est monté, les résultats sont là. Certes, le début de l’aventure est difficile. Une défaite pour commencer, une victoire face à Aurillac pour la deuxième journée, ensuite une série de sept matchs sans victoire avec un seul score de parité. La catastrophe n’est pas loin. Enfin, la dixième journée, Dijon se déplace à Istres et l’emporte d’un but, 27 à 26. La spirale s’arrête. « Nous n’avons rencontré que les gros du championnat » s’excuse Christian Roy, le président du DBHB. Dans le même temps, le club a d’autres préoccupations. En effet, la ligue nationale de handball pense que les finances ne sont pas bonnes, et demande aux dirigeants de se serrer la ceinture sur les dépenses. Après un appel à la générosité, et la non-qualification de deux joueurs, le DBHB sort la tête de l’eau, et peut continuer, presque sereinement, son championnat. Mais Jéremy Sutty, patron de la défense et révélation du championnat se blesse. Avec les finances très serrées, il faut plusieurs semaines pour que le DBHB trouve un pigiste médical. Malgré cet incident, les hommes de Denis Lathoud gagnent et réalisent une série de quatre matchs sans défaite entre la 10e et la 13e journée. L’ambiance dans le club reste très détendue. Preuve de cette bonne humeur, à l’heure du renouvellement des contrats presque tous ont resigné ! « Denis (Lathoud) a créé une vraie complicité entre les joueurs, le staff, et les dirigeants » s’enthousiasme Christian Roy.
L’année prochaine, seul Daniel Ley n’évoluera plus sous les couleurs dijonnaises, et Brice Versol est toujours en négociation. Mieux pour le DBHB, Nebojsa Stojinovic, l’un des trois meilleurs gardiens français, a signé il y a quelques jours pour jouer à Dijon. La fin du championnat est proche, et le DBHB est d’ores et déjà maintenu.
« On nous aurait dit que nous serions neuvième, à ce moment de la saison, on aurait signé tout de suite ! » conclut le président du club .
Du suspense et du beau jeu
Ouf. Frôlant la zone de relégation à mi-parcours, les Dijonnais finissent à une belle neuvième place.
UN DÉBUT catastrophique, une renaissance en deuxième partie de saison, et un final remarquable. Cette année, les footballeurs dijonnais ont soufflé le chaud et le froid. Plusieurs points positifs : un véritable tacticien sur le banc, des recrues de bonne qualité, et un esprit de groupe alliant professionnalisme et amitié. Cette année, donc, le DFCO s’est fait peur.
Tout commence mal pour le DFCO ; 17e à la mi-saison, les Dijonnais pensent revivre leurs pires cauchemars. Le jeu produit est très irrégulier, les joueurs et le staff se cherchent. Éliminés de la coupe de la Ligue après le deuxième tour sur le score sévère de 6 à 1 à Sedan, le sort des hommes de Patrice Carteron n’est pas plus enviable en coupe de France puisqu’ils sortent par la très petite porte, battus 1 à 0 par Versailles, club de DSR. La crise n’est pas loin.
La trêve arrive enfin. Des recrues débarquent. Parmi-elles : Kevin Bru. Véritable canonnier, le milieu de terrain offre de nouvelles perspectives au schéma de jeu. Percutant en attaque, il n’hésite pas à tirer de loin. Sur les coups francs, sa force de frappe affole les gardiens adverses. Depuis le mois de janvier, Patrice Carteron propose une nouvelle tactique. Avec cinq défenseurs, le rempart dijonnais devient quasiment imprenable. De plus, les ballons circulent mieux vers les milieux de terrain, pouvant ainsi distribuer plus efficacement sur les attaquants. Les attaquants justement. Kitembala, Ribbas, et Mandanne s’éclatent. Ribas, termine meilleur buteur du club avec seize réalisations. L’Uruguayen s’offre même le luxe de monter sur la troisième marche au classement des buteurs du championnat. Kitembala avec treize buts devient le deuxième meilleur marqueur, suivi par Mandanne avec dix buts.
Après la trêve, rien ne semble pouvoir arrêter les Dijonnais. Ils terminent neuvièmes du classement, troisièmes si on ne compte que les matchs à l’extérieur. Seul bémol, les rencontres à domicile où le DFCO n’a gagné que six fois, décroché cinq matchs nuls, et perdu cinq fois.Bref, une belle saison où les supporters ne devaient pas être cardiaques. Patrice Carteron a démontré un savoir-faire tactique exemplaire. Sachant s’adapter aux situations les plus diverses et faire ressortir ce que les joueurs ont de mieux en eux. À noter également l’excellent comportement de Grégory Maliki, le portier dijonnais, sûr dans ses cages. N’hésitant pas à sortir il a rassuré toute sa défense, et fait le spectacle pour les supporters. Même si ses dégagements au pied sont loin d’être parfaits, sa régularité force le respect. Enfin, Alexis Zywiecki, à seulement 26 ans, a endossé son rôle de capitaine de la plus belle des manières en devenant le nouveau patron de la défense dijonnaise. La saison prochaine s’annonce d’ores-et-déjà palpitante.
Direction la Pro B
Désillusion. Après un bon de saison, la JDA n’a rencontré que des problèmes : décès, blessures, départs de joueurs, mauvaise gestion du banc, recrutements étranges. La JDA retourne en Pro B, après vingt ans dans l’élite.
« CATASTROPHIQUE », le mot qui qualifie le mieux, pour Michel Renaud le président de la JDA, la saison du club de basket dijonnais. Pourtant le début avait été époustouflant. Les joueurs gagnaient tous leurs matchs. Mais le déplacement contre Hyères-Toulon, pour le compte de la cinquième journée, est le premier gros choc psychologique du début de championnat. Après l’avoir emporté 93 à 82, les Dijonnais rentrent en Bourgogne. Jonathan Bourhis, qui a marqué quinze points dans le match, se tue à 4 heures du matin au volant de sa voiture. « Cela a miné l’équipe pendant un certain temps » explique le président. Mais la série noire continue : « Quinze jours après cette disparition, Fazekas, notre meilleur joueur, se casse la cheville. Il est blessé jusqu’à la fin juillet. On essaie de le remplacer, mais nous ne trouvons personne. Craven et l’entraîneur se fâchent. Le coach le vire de l’équipe » commence à s’énerver Michel Renaud. Pour le remplacer, la JDA trouve D’Almeida « mais il n’a pas la valeur de Craven. Il est plus du niveau de la nationale 1, ou fin de Pro B » s’agace le président avant de se lâcher sur le remplaçant de Fazekas « soit disant qu’il a le niveau pour être champion du monde, mais il est à court de forme, en plus il est dans le même registre que D’Almeida ! Il est très faible. »
La JDA continue sur sa mauvaise pente. À la trêve, les Dijonnais n’ont gagné que quatre rencontres, et en ont perdu huit… Au mois de janvier, les mésaventures se poursuivent. Krupalija se fracture le poignet, et ne remontera pas sur les parquets de la saison. Pour le remplacer, la JDA trouve Powel. Après deux rencontres, il se fait exploser la pommette et repart aux États-Unis. La saison est pourrie, mais ce n’est pas fini. « Dessarzin (le coach) n’a pas su tenir ses joueurs. Bradford n’aurait jamais dû partir, tout comme Craven. Ce n’est pas parce qu’on ne s’entend plus avec son voisin qu’on est obligé de le tuer. » Dessarzin est débarqué. Dettmann le remplace. Malgré ce regard neuf, la JDA ne cesse de perdre. Au total, les Dijonnais n’auront gagné que sept matchs, pour vingt-trois défaites !
Pourquoi, face à cette situation, qui s’est dégradée fortement depuis la mort de Jonathan Bourhis, Michel Renaud n’est-il pas intervenu pour remettre les choses à plat ? « Je suis président bénévole. Je paie des gens pour s’en occuper. Je rémunérais fort cher Philippe Sudre. Lui, c’était un vrai échec ! » Conclusion de Michel Renaud sur Dessarzin et Sudre : « Je suis très colère. » Ce qui est compréhensible, puisque cette saison la JDA fêtait sa vingtième et dernière année dans l’élite du basket.
Tournée des Ducs
Réussite. Une chose est sûre : cette saison de ligue Magnus pose les bases pour l’année prochaine. Un très bon parcours en championnat, régulier et rigoureux, les Ducs nous ont offert un hockey de très grande classe. Mieux, les jeunes déboulent chez les grands en affichant de bons comportements.
DEPUIS QUELQUES SAISONS, les Ducs montent en puissance dans le championnat. Cette fois, en plus des résultats, les hockeyeurs dijonnais ont prouvé tout leur savoir sur la glace. De plus, l’équipe dirigeante a assaini ses finances et permis au club de repartir sur de bonnes bases. Mieux, l’école de glace porte ses premiers fruits avec le titre de champion de France des moins de 18 ans. Un début de championnat qui démarre en trombe puisque il faut attendre la cinquième journée pour voir les Dijonnais perdre leur premier match. Plus fort encore, et signe de la bonne santé des hommes de Daniel Maric, les Ducs s’imposent à Rouen lors de la deuxième journée 3 buts à 2. Véritable exploit puisque les Bourguignons n’avaient jamais gagné en Normandie face à cette très grosse cylindrée du championnat. Après leur lourde défaite à Amiens pour la cinquième journée (13-1) les coéquipiers de Nicolas Ritz restent réguliers. Toutefois, de la onzième à la quinzième journée, la victoire les fuit. Ils s’inclinent sans faire semblant à Angers 12 à 4… En même temps, lors de cette série noire, les Dijonnais ne rencontrent quasiment que les ténors de la ligue Magnus : Briançon, Angers, Rouen…
Mais les Ducs ont de la ressource et se battent sur chaque match. Sachant se remettre en cause, ils enchaînent les belles prestations. Ils terminent le championnat en huitième position, et se qualifient pour les play-offs. Malheureusement, les Dijonnais paument leur premier match à Chamonix (6-4), puis remportent au retour de justesse (2-1). Pour le match d’appui, les Bourguignons s’inclinent 4-2. Les Ducs sont éliminés, par la petite porte de la Ligue Magnus. Toutefois, ils peuvent se rassurer avec le titre de champion de France remporté par les moins de 18 ans, menés par le remarquable Nicolas Ritz. Ce joueur est, en plus, régulièrement sélectionné en équipe de France U18. Cette saison il a engrangé du temps de jeu avec l’équipe fanion de Dijon, et sera, sans nul doute, l’une des pièces maîtresses, pour la prochaine saison